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RDC : Adolphe Muzito estime que le pays reste sous-endetté et évoque une capacité théorique d’emprunt de 100 milliards USD

La République démocratique du Congo dispose encore d’une marge importante pour recourir à l’endettement afin de financer son développement. C’est en substance le message porté par le vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, lors d’un exercice de redevabilité avec la presse consacré notamment à la situation des finances publiques et aux perspectives budgétaires du pays.

Alors que la RDC a bénéficié, au cours des dernières années, d’un important allègement de sa dette dans le cadre de l’initiative en faveur des Pays pauvres très endettés (PPTE), la question d’un éventuel recours accru à l’emprunt continue de susciter des interrogations.

Pour Adolphe Muzito, la situation actuelle est différente de celle qui prévalait avant cet allègement. Le ministre estime que la RDC demeure aujourd’hui un pays sous-endetté.

Pour étayer son appréciation, le ministre du Budget avance une dette extérieure d’environ 11 milliards de dollars américains, à mettre en perspective avec un Produit intérieur brut (PIB) estimé à 137 milliards USD.

Selon les chiffres présentés par Adolphe Muzito, le service annuel de la dette se situerait autour de 500 millions de dollars. Il considère ainsi que le niveau actuel d’endettement laisse au pays une marge pour mobiliser de nouvelles ressources sur les marchés financiers ou auprès de ses partenaires.

Selon le magazine Deskeco, le ministre évoque même une capacité théorique d’emprunt pouvant atteindre 100 milliards de dollars, tout en maintenant, selon son scénario, le ratio de dette sous le seuil de 50 % du PIB.

Cette estimation doit toutefois être comprise comme une capacité théorique, et non comme l’annonce d’un emprunt immédiat de 100 milliards de dollars.

Pour Adolphe Muzito, cet emprunt ne serait donc pas considéré comme un endettement uniquement ou comme une charge budgétaire, mais comme un moyen de financer des infrastructures capables, à terme, de soutenir l’activité économique et d’élargir l’assiette fiscale. Il a notamment cité les routes, les chemins de fer, les ports, les aéroports ainsi que d’autres infrastructures structurantes.

Cette volonté de recourir davantage aux financements extérieurs pourrait déjà se traduire dans le projet de budget 2027.

Selon les données communiquées par le gouvernement et publié par l’Agence Congolaise de Presse « ACP », le projet de loi de finances 2027 prévoit un budget d’environ 57 500 milliards de francs congolais, soit près de 24,8 milliards de dollars américains. Les ressources extérieures sont évaluées à environ 4 milliards USD, tandis que les recettes courantes devraient représenter près de 17,5 milliards USD.

Le gouvernement affirme toutefois vouloir maintenir les ressources propres de l’État comme principale source de financement du budget.

Cette orientation vise notamment à réduire la dépendance excessive aux financements extérieurs et à renforcer progressivement l’autonomie financière du Trésor.

La déclaration d’Adolphe Muzito intervient dans un contexte où la RDC cherche à accélérer ses investissements dans les infrastructures tout en améliorant la mobilisation des recettes publiques.

En présentant la RDC comme un pays encore « sous-endetté », Adolphe Muzito défend ainsi l’idée d’une utilisation plus importante de l’emprunt comme levier de développement, tout en maintenant la mobilisation des recettes internes au cœur de la politique budgétaire.

Signalons que la dette extérieure de la RDC est passée de 3,28 milliards USD à la fin du mandat de Joseph Kabila à environ 11 milliards USD aujourd’hui sous Félix Tshisekedi.

La question n’est donc pas seulement de savoir si le pays peut encore emprunter, mais aussi dans quelles conditions et pour financer quels projets.

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