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JOURNALISTES TRAQUÉS, ARRÊTÉS OU ENLEVÉS.SEPT ANS DE PRESSION SUR LA PRESSE SOUS TSHISEKEDI

Depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir en janvier 2019, les journalistes congolais continuent d’exercer leur métier dans un environnement marqué par les arrestations, les menaces, les violences, les enlèvements et les restrictions à la liberté de la presse.

Plusieurs organisations de défense des journalistes continuent d’alerter sur les atteintes visant les professionnels des médias en République démocratique du Congo.

Le bilan dressé par Journaliste en danger (JED) au terme du premier mandat de Félix Tshisekedi faisait état de 523 atteintes contre la presse, dont plus de 160 journalistes arrêtés, plus de 130 journalistes et professionnels des médias victimes de menaces ou de violences physiques, ainsi que cinq journalistes tués.

Ces chiffres et cas documentés ne permettent pas de mettre toutes les violences sur le compte du pouvoir de Kinshasa. Ils montrent néanmoins que des journalistes ont été arrêtés ou détenus par des services liés à l’État, tandis que d’autres ont été victimes de groupes armés.

Des journalistes arrêtés par les services de sécurité

Plusieurs dossiers ont néanmoins directement mis en cause des services de l’État tels que l’ANR (Agence Nationale des Renseignements), la DEMIAP (Détection militaire des activités anti-patrie) ou le CNS (Conseil National de la Sécurité)

En 2022, le journaliste Joseph Kazadi avait été arrêté à Lubumbashi par les services de renseignement dans le cadre de son travail journalistique. La même année, plusieurs journalistes ont été détenus dans les locaux de l’Agence nationale de renseignement (ANR), avec des accusations de violences pendant leur détention.

L’affaire Stanis Bujakera en 2023 a particulièrement marqué la profession après qu’il ait écrit un article concernant l’assassinat de l’ancien député Chérubin Okende. Le journaliste a été arrêté et détenu pendant plusieurs mois à Kinshasa.

Son arrestation avait suscité de nombreuses réactions d’organisations de défense de la liberté de la presse.

2025 : arrestations et pressions dans un contexte de guerre

En août 2025, les journalistes Glody Ndaya, directeur général d’EventsRDC, et Espérant Kasongo ont également été arrêtés séparément à Kinshasa à la suite de plaintes pour diffamation. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait demandé leur libération et dénoncé un recours aux lois pénales contre des professionnels des médias.

Le 12 août 2025, la chaîne de télévision CML13, appartenant à Axel Nyembo fut assiégée et scellée par les éléments des FARDC. « Les militaires sont même entrés dans nos installations » avait déclaré Louis France Kuzekisa, Directeur Général de la chaîne.

Le même mois, la chaîne de télévision privée Antenne A, a également été assiégée par des militaires, dans la même période, deux journalistes de deux autres médias privés ont été transférés à la prison de Makala avant leur libération sans connaître le motif de leur arrestation.

En janvier 2026, le journaliste Thomson Unji Batangalwa a été arrêté à Baraka alors qu’il travaillait sur la situation sécuritaire dans l’Est. Le CPJ a demandé sa libération, estimant que la couverture de la guerre ne devait pas servir de prétexte à la détention des journalistes.

Le même mois, le journaliste Stéphane Shisso, de Nyota TV, a été arrêté après un reportage consacré aux conséquences de l’érosion liée aux activités minières à Kolwezi. En mai 2026, le CPJ indiquait qu’il était détenu depuis plus de quatre mois sans avoir été présenté devant un tribunal ni que les charges retenues contre lui aient été rendues publiques.

En septembre 2026, la pression s’est poursuivie.

Le journaliste Trésor Muntu, directeur général de Centrale Radio Télévision à Likasi, a été détenu après avoir partagé sur WhatsApp une publication critique envers une personnalité politique. Le CPJ a appelé les autorités à le libérer.

Quelques jours plus tard, le CPJ rapportait également l’arrestation de la journaliste Virginie Manganga, poursuivie pour diffamation et diffusion de fausses informations après une interview consacrée au chanteur Fally Ipupa.

La question des enlèvements de journalistes mérite cependant une distinction importante.

JED a notamment recensé, entre 2019 et novembre 2025, 12 journalistes tués et 4 portés disparus sous la présidence Tshisekedi. L’organisation souligne parallèlement que ces crimes demeurent largement impunis.

Entre promesse de liberté et réalité du terrain

À son arrivée au pouvoir, Félix Tshisekedi avait affiché sa volonté de faire de la presse un véritable « quatrième pouvoir ».

Sept ans plus tard, les organisations de défense des journalistes continuent pourtant de documenter des arrestations, des détentions, des menaces, des violences et des poursuites judiciaires visant des professionnels des médias.

Le phénomène est particulièrement préoccupant lorsque des journalistes sont arrêtés par des services de sécurité alors qu’ils exercent leur profession.

UNE PRESSE SOUS PRESSION

De 2019 à 2026, la question centrale demeure donc celle de la protection des journalistes et de leur droit à informer librement.

Pour les organisations de défense de la presse, l’enjeu reste le même : identifier les auteurs, établir les responsabilités et garantir que les journalistes puissent exercer leur métier sans être réduits au silence par la menace, l’enlèvement ou la détention.

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