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JOSEPH KABILA LANCE UN NOUVEAU RÉQUISITOIRE CONTRE LE POUVOIR DE FÉLIX TSHISEKEDI

L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, a repris la parole ce vendredi dans une adresse à la nation marquée par de vives critiques contre la gestion actuelle du pays.

Estimant que le pays traverse une période critique, l’ancien chef de l’État Joseph Kabila Kabange a, dans un discours au ton offensif, critiqué et dressé un tableau particulièrement sombre de la situation politique, sécuritaire et économique de la RDC.

« Le Congo est en péril, le sauver est un impératif et une urgence », a-t-il déclaré, annonçant de prochaines initiatives destinées à faire connaître sa vision pour sortir le pays de la crise.

Sans ménager le pouvoir en place, Joseph Kabila a dénoncé ce qu’il considère comme une dégradation progressive des institutions et de la cohésion nationale depuis la fin de son mandat, en janvier 2019.

Un réquisitoire contre la gouvernance actuelle

L’ancien président estime que la République démocratique du Congo s’éloigne des principes démocratiques et que la concentration du pouvoir entre les mains du chef de l’État fragilise l’équilibre institutionnel. Il a également critiqué la situation des opposants politiques, des activistes et des journalistes, évoquant des emprisonnements, des assassinats impunis et une corruption qu’il juge préoccupante.

Ces accusations constituent l’un des axes majeurs de son intervention et placent une nouvelle fois la gouvernance de Félix Tshisekedi au centre du débat politique national.

La guerre dans l’Est au cœur des critiques

Joseph Kabila a remis en question la stratégie militaire et diplomatique du pouvoir actuel, estimant que les autorités poursuivent une guerre sans disposer des moyens nécessaires pour la gagner. Il a également critiqué la gestion des différentes initiatives de paix engagées au niveau régional et international.

Parmi les mesures qu’il préconise figurent la neutralisation de tous les groupes armés, la fin du recours aux mercenaires et le retrait des forces étrangères présentes sur le territoire congolais.

Ces propositions interviennent alors que la recherche d’une solution durable à la crise sécuritaire demeure un défi majeur pour les autorités congolaises et les partenaires régionaux.

La Constitution, un autre point de confrontation

Joseph Kabila a également exprimé son opposition à toute initiative visant à modifier la Constitution. Selon lui, une telle démarche risquerait de remettre en cause les équilibres politiques issus du dialogue intercongolais de Sun City.

L’ancien chef de l’État a notamment évoqué les travaux parlementaires relatifs à la législation sur le référendum ainsi que les initiatives politiques favorables au changement constitutionnel.

Cette prise de position ravive le débat sur l’avenir des institutions congolaises, dans un contexte où les questions de stabilité politique, de respect de la Constitution et de limitation du pouvoir présidentiel occupent une place centrale dans les discussions publiques.

Les accords de Washington et la souveraineté nationale

Sur le plan économique et diplomatique, Joseph Kabila a également critiqué l’accord conclu avec les États-Unis autour des minerais critiques congolais.

Estimant que les engagements pris entre États ne garantissent pas la pérennité des dirigeants en place, rappelant le principe de continuité de l’État. Par ailleurs, il a dénoncé l’aggravation de la dette publique et les problèmes de corruption et de détournement des deniers publics.

Ces déclarations remettent au centre des discussions la question de la gestion des ressources naturelles de la RDC, de la transparence des accords économiques et de la capacité des autorités à faire bénéficier la population des richesses nationales.

Un retour politique aux contours encore incertains

Au-delà de ses critiques, l’élément le plus marquant de cette adresse réside dans l’annonce de prochaines initiatives. Joseph Kabila affirme vouloir présenter, dans les heures, les jours et les semaines à venir, sa vision des actions à entreprendre pour sortir le pays de la crise.

S’il entend se positionner comme un acteur proposant une autre voie, Joseph Kabila devra aussi convaincre de la pertinence de ses propositions et répondre aux interrogations que suscite son propre bilan au pouvoir, de 2001 à 2019.

Reste à savoir quelle forme prendront ces initiatives et quelle sera leur portée sur l’échiquier politique congolais. S’agira-t-il d’une proposition politique structurée, d’une mobilisation autour de son projet ou d’une nouvelle étape dans son opposition au pouvoir actuel ? Les prochaines prises de parole permettront d’en préciser les contours.

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