« Fatshi fera la remise et reprise avec Jésus » , les propos de Léon Mulumba relancent le débat sur la dérive autoritaire.
La déclaration attribuée au ministre Léon Mulumba, selon laquelle « Fatshi fera la remise et reprise avec Jésus », suscite de vives réactions à Kinshasa et relance le débat sur la conception du pouvoir politique en République démocratique du Congo.
Certains observateurs voient dans cette expression une vision du pouvoir qui pourrait être qualifiée de personnalisation excessive de l’autorité politique. Pour ces critiques, présenter le chef de l’État comme un dirigeant appelé à rester au pouvoir jusqu’à une « remise et reprise avec Jésus » peut être perçu comme une manière de placer la personne du président au-dessus des mécanismes ordinaires de l’alternance démocratique.
Dans une démocratie, le pouvoir politique est, par définition, limité dans le temps et encadré par la Constitution et les institutions. Le président de la République n’est pas censé être propriétaire du pouvoir, mais en être le dépositaire temporaire au nom du peuple.
Ces dires de Léon Mulumba dévoilent ainsi les intentions de violation des articles 70 et 220 de la constitution de la République démocratique du Congo sur la durée du mandat du président de la république mais aussi sur l’intangibilité de modifier par une révision constitutionnelle « le nombre et la durée des mandats du Président de la République ».
L’opposition et la société civile estiment que le discours politique devient dangereux lorsqu’il tend à présenter un dirigeant comme indispensable au destin de la nation.
Historiquement, la personnalisation du pouvoir constitue l’un des traits fréquemment associés aux régimes autoritaires : le chef est présenté comme l’incarnation de l’État, de la nation ou d’une mission supérieure, tandis que l’idée d’alternance perd progressivement sa place.
À Kinshasa, la polémique autour de cette phrase illustre ainsi une inquiétude plus large : dans une démocratie, jusqu’où peut aller la fidélité à un chef politique sans se transformer en culte de la personnalité ?
La déclaration de Léon Mulumba, volontairement ou non, remet donc au centre du débat la question essentielle de toute démocratie : le pouvoir appartient-il à un homme ou au peuple qui le lui confie temporairement ?

















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